One Punch Man : Poing de départ d’un manga percutant

One Punch Man : Poing de départ d’un manga percutant

« C’est l’histoire d’un mec, Saitama, il est tellement fort, les méchants il leur pète la gueule en un seul coup de poing ! ». Promis, pas de spoils dans cet article. Mais l’histoire du manga que nous allons découvrir aujourd’hui tient dans son titre : One Punch Man. Le super héros qui règle tout en un coup de poing. Le premier tome de ses aventures est édité en papier pour la première fois en France (Kurokawa, 6,80€), Belgique et Suisse. Accroche-toi à ton slip – de super héros – et suis la Mother dans la découverte de cette perle des internets.

Webcomic, clichés et pop culture

L’aventure commence en 2009. ONE (c’est le pseudonyme du dessinateur) se lance dans la création d’un webcomic. Il s’agit d’une histoire dessinée, suivie, publiée régulièrement sur le blog d’un dessinateur. La sphère francophone sur internet en regorge, tels ceux de Boulet, Pénélope Bagieu, ou encore Tim.

La publication connait un vif succès, malgré le style rien à battre (en français dans le texte) dans lequel il est dessiné. Une qualification commune à l’auteur et son héros.

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Car c’est bien là ce qui fait tout le charme de cette œuvre : la fainéantise de ONE. Trait simple, personnages caricaturaux, costumes empruntés à d’autres héros bien connus, trame scénaristique épurée en contraste avec d’autres œuvres, le tableau n’est pas vendeur de prime abord. C’est pourtant la réunion de tous les archétypes de notre pop culture, subtilement agrémentés d’humour à la japonaise, qui permettent à One Punch Man d’être une réussite. Ce qui n’aurait pu être qu’une mauvaise farce se transforme finalement en vibrant hommage aux mangas et comics de notre enfance. Il faut parfois maitriser les classiques avant de pouvoir s’en affranchir.

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Le jeu des 7 erreurs : saurez-vous trouver les différences ?

De l’écran au papier

Le succès de la série web attire l’attention de grands noms du manga. Nombre d’éditeurs approchent ONE, qui publie alors son œuvre dans des hebdomadaires pour adolescents. Cela ne l’empêche pas, aujourd’hui encore, de continuer d’alimenter l’histoire sur son site.

La magie opère, et l’engouement pour l’œuvre de ONE en change la raison d’être. Jusque-là passe-temps pour le mangaka en herbe, le webcomic devient story-board d’une nouvelle œuvre : l’édition en manga de One Punch Man, dessiné par Yusuke Murata. Ce mangaka – dessinateur de bédés en japonais – est surtout connu pour ses histoires consacrées, entre autres, au sport.

Comme énoncé en préambule, l’histoire tient dans un mouchoir de poche. Saitama, notre héros, passe le temps en protégeant sa ville natale contre des monstres en tout genre (culture Godzilla oblige). Pour cela, il se vêt d’un costume de super héros banal, pour ne pas dire de mauvais gout, offert par une connaissance. Même les super héros sont contraints de porter les cadeaux offerts, aussi moche soient-ils. Sa force surhumaine, il la tient d’un « entrainement de base » (dixit son disciple Genos) qui l’a rendu chauve. Hélas, la calvitie n’est pas le seul écueil de ce style de vie… Il lui faut maintenant chercher le monstre qui pourra lui offrir une bagarre de plus d’une page. Car oui, les bagarres vont vite quand on les règle d’un seul coup de poing.

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Acte I, Scène 1

Le dessin est soigné, les lignes nettes et sans bavures… à l’exception de Saitama. Ce dernier est volontairement dessiné de manière basique en dehors des combats, en décalage complet avec son environnement particulièrement travaillé. Ce genre de pratiques est utilisé dans de nombreux mangas, sans que l’on n’y fasse attention. Elle prend ici tout son sens.

Quelques personnages viennent s’arranger autour de notre héros, là encore d’une manière simpliste… et pourtant géniale. L’ensemble des acteurs du monomythe de Joseph Campbell est présent, donnant une cohérence et un rythme à l’histoire.

L’écriture rend la lecture agréable et donne un gout de reviens-y à l’œuvre. L’humour étant absurde et universel (un gamin avec un menton en forme de paire de fesse fait rire, qu’on soit européen ou japonais), le texte ne souffre pas de la traduction. Pour une fois, nous éviterons peut-être les habituels débats sur la traduction des noms des attaques en français (cf. le « Rayon Magique » de DBZ).

Quant à l’avenir de la licence, il semble radieux. De webcomic potache, One Punch Man est passé à un ouvrage essentiel à toute étagère d’otaku (i.e. geek au pays du Soleil Levant). La prochaine étape est la sortie de l’anime tiré du manga, bientôt sur les écrans en France (chez Kaze).

Le temps d’un café, la Mother s’est retrouvée à nouveau avec de l’acné et un poster de Club Dorothée sur la porte de sa chambre. Ce premier tome de One Punch Man est tout ce que l’on attend du premier tome d’un manga : des personnages attachants, un univers cohérent, des enjeux clairs, et un cliffhanger pas trop frustrant (à l’instar de la fin de L’Empire contre-attaque, ce qui reste vivable… contrairement à la fin d’une saison de Lost). Enfin, tardez pas trop à sortir le tome deux, hein ?

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Victor Leroy

Si le Père Castor aime raconter les histoires, Victor aime les écouter. Il est donc devenu psychiatre. Ses objectifs dans la vie? Arriver un jour à l'heure au travail, réussir un Mojito du premier coup, et devenir Maitre de la Ligue Pokémon.