Quand le street art entre en prison…

Quand le street art entre en prison…

Depuis quelques mois, plusieurs street-artistes ont entrepris de faire rentrer leur art dans les prisons françaises. Une initiative qui méritait bien un article de la Mother !

 

Connus ou moins connus, de nombreux street-artistes profitent d’une écoute accrue de la part des pouvoirs publics pour développer la visibilité de leurs œuvres et leur donner une véritable dimension sociale. Partout en France, on voit émerger des projets qui donnent envie d’aimer encore plus le street-art et son apport dans la société, bien plus important qu’une unique question d’embellissement de l’espace public.

C215 - Maison d'Arrêt des femmes de Versailles

© C215 – Maison d’Arrêt des femmes de Versailles

Parmi ces street-artistes, le pochoiriste français Christian Guémy, alias C215, a peint plusieurs œuvres au sein des maisons d’arrêt de Versailles et Bois d’Arcy. Dans une récente interview à Mother Shaker, C215 nous expliquait que s’il travaillait dans les prisons, c’était « pour faire œuvre utile, ce n’est pas là où je vais m’y faire de la publicité. J’ai toujours voulu rester libre, faire ce que j’avais envie, fonctionner avec ma logique et rien d’autre. ».

Sur le site du ministère de la Justice, il ajoute par ailleurs «  J’ai toujours pensé que la prison était un lieu de vie comme un autre, pour les détenus comme pour les surveillants, et que la privation de liberté n’excluait pas la possibilité pour tous ceux qui y résident de se voir proposer des œuvres d’art leur permettant de s’échapper noblement, par l’esprit, du confinement imposé par l’incarcération. ».

Street art de David Mesguich - Centre Pénitencier des Baumettes à Marseille

© David Mesguich – Centre Pénitencier des Baumettes à Marseille

Il y a quelques jours, ce sont les murs de de la prison des Baumettes à Marseille qui ont vu apparaître d’immenses graffs aux couleurs vives du plasticien David Mesguich. Des œuvres réalisées avec des détenus hospitalisés du service médico-psychologique de l’établissement. Le Dr Catherine Paulet, chef du service, en dit plus sur les bienfaits de cette démarche : « Des personnes en grande souffrance psychologique, entravées dans leurs pensées, leurs actions et leurs sensations, ont la possibilité de se découvrir une sensibilité à l’art, se sentir capables de créer et produire… ».

Quelques mois auparavant, Jef Aérosol, l’un des pionniers de l’art urbain, était allé à la rencontre des détenus de la centrale d’arrêt de Saint-Martin-de-Ré pour une initiation à l’expression artistique. Le reportage ci-dessous t’en diras plus sur sa démarche. Merci à tous ces artistes qui s’engage pour une si noble cause et œuvre avec leurs moyens à rendre la société meilleure.

 

Jeff Aerosol à la centrale d’arrêt de Saint-Martin-de-Ré

© Photo de couverture : David Mesguich / Source : La Marseillaise

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Créé en 2013, Mother Shaker – Le blog est un webzine collaboratif de découvertes et d’actualités artistiques : cinéma, mode, musique, street art, jeux-vidéos, théâtre, expositions, séries TV, caricatures, culture geek. Il se veut une source d’inspiration pour ceux qui aiment l’art sous toutes ses formes. Prenez-y des ingrédients et créez votre propre mélange !