« Saint Laurent » a-t-il un goût d’ « Yves Saint-Laurent » ?

« Saint Laurent » a-t-il un goût d’ « Yves Saint-Laurent » ?

Icône de la mode, Yves Saint-Laurent se révèle au cœur du cinéma français de 2014. Après le film de Jalil Lespert marqué par les interprétations de Pierre Niney et Guillaume Gallienne, Bertrand Bonello relève le défi et sort Saint Laurent. Une réussite.

 

On ne va pas garder le suspens plus longtemps. Pour la Mother, pas de doutes, les deux films sur Yves Saint-Laurent se révèlent très complémentaires. Jalil Lespert est plus historique, nous illustre la carrière d’un couturier porté par Pierre Berger. Bertrand Bonello, lui, se concentre sur la période la plus créatrice et destructrice du prodige, de 1967 à 1976.

Comme le réalisateur le confie à Télérama « ce qui m’attire, moi, c’est le mythe. Je ne souhaitais pas raconter comment on le devient, mais trouver la matière romanesque dans l’homme, et ce qu’il évoque. Faire surgir les fantômes esthétiques qui peuplaient son univers. »

« Saint Laurent » a-t-il un goût d’ « Yves Saint-Laurent » ?

« Je ne suis pas un couturier, je suis un artisan, un fabricant de bonheur », Yves Saint-Laurent

 Très beau moment esthétique, Bertrand Bonello nous fait tourner la tête avec des scènes mémorables comme la rencontre de Betty, le coup de foudre d’Yves et Jacques, le défilé de 1976. Gaspard Ulliel est à couper le souffle. Bouleversant, il nous illustre avec génie cet artiste torturé en dehors de toute forme de réalité. Saint Laurent la journée, le créateur, la marque, enfermé dans une tour d’ivoire à dessiner et habiller, sous le regard de Pierre Bergé. Il devient Yves le soir, extravagant, autodestructeur et follement amoureux de Jacques.

Bonello illustre à merveille « cette immense fragilité qui le rend fou ». Cet instable équilibre rythme le film jusqu’à la rupture avec Jacques menant Yves jusqu’à la dépression, donnant lieu à des scènes parfois grotesque comme la recherche du chien perdu Moujik mais aussi l’avènement de son art avec le défilé de 1976.

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En allant voir Saint Laurent, on peut imaginer pourquoi Pierre Bergé n’était pas un fervent supporter du film. Officiellement, il s’agissait de questions d’autorisations. Mais l’interprétation de Gaspard Ulliel, bouleversante, parfois choquante mais surtout très humaine, ne doit pas y être étrangère…

 Avant d’aller voir le film Saint Laurent, voici la bande annonce

Bertrand Bonello et Yves Saint-Laurent ont en tout cas un point commun : celui de faire parler d’eux ! Le Centre Pompidou accueille une exposition consacrée aux œuvres de Bonello.

A voir aussi : la fondation Pierre Bergé et Yves Saint-Laurent.

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Noémie Delage
Noémie est étudiante à l’Icart, l’école des métiers de la culture et du patrimoine. Passionnée par les nouvelles technologies, la philosophie et l’art en général, elle aime écrire des articles sur les expositions du moment. Elle adore partager ses coups de coeur et échanger sur le sujet ! Noémie participe également au blog Mère et Fille 2.0 : http://www.digitaltruelife.com/